Devenir parent malgré le cancer – #MoiPatient #SpécialCancer #enfant

#Parent #CancerAprès le choc du diagnostic, une multitude de questions viennent à l’esprit des patients, en particulier les plus jeunes, qui se demandent s’ils pourront un jour avoir un enfant. Bonne nouvelle : avoir un cancer ne vous empêche pas de fonder une famille. Vous devez toutefois vous renseigner au plus tôt sur les options thérapeutiques à votre disposition et sur leurs conséquences

Diagnostic

En France, 150 000 cas de cancer sont diagnostiqués chaque année chez les moins de 65 ans [1]. Or, très souvent, la maladie et son traitement ont des répercussions sur les organes reproducteurs. Avec près de 60 000 nouveaux cas par an [2], le cancer du sein est le type de cancer le plus fréquemment observé chez la femme. Grâce à la pose d’un diagnostic précoce et aux progrès des méthodes thérapeutiques, le taux de survie a nettement augmenté ces dernières années. En effet, plus de 80 % des femmes diagnostiquées et traitées pour un cancer du sein ont encore cinq années ou plus à vivre après leur prise en charge [3]. Le cancer de la prostate est le cancer masculin le plus fréquent en France, avec près de 25 % des cas [4]. Les hommes plus jeunes (entre 25 et 35 ans) sont principalement touchés par le cancer des testicules [5].

Le diagnostic s’avère particulièrement difficile à digérer pour les jeunes hommes et femmes en âge de procréer, car il ne met pas seulement leur vie en péril, mais aussi leurs projets d’avenir. Par le passé, bon nombre de jeunes patients ont dû abandonner leur rêve de fonder une famille à cause des effets dévastateurs que la chimiothérapie et la radiothérapie pouvaient avoir sur les organes reproducteurs, l’infertilité étant bien souvent une conséquence du traitement.

Aujourd’hui, beaucoup de patients atteints d’un cancer sont en mesure d’avoir des enfants. En effet, il existe diverses options permettant de préserver la fertilité et les méthodes de traitement disponibles peuvent être adaptées en fonction de la situation personnelle de chaque patient. Demandez conseil à votre médecin pour connaître vos options ainsi que les risques inhérents à votre traitement.

Effets du cancer sur la fertilité

L’un des enjeux majeurs pour les patients atteints d’un cancer réside dans la préservation de leur fertilité [6]. En fonction de la tumeur et du stade du cancer, les options thérapeutiques applicables peuvent varier et chacune d’elles a des effets différents sur l’organisme.

#Parent #CancerSelon la localisation et le type de la tumeur, l’ablation chirurgicale de cette dernière et des tissus infectés adjacents peut être envisagée. La chimiothérapie, à laquelle succède souvent une radiothérapie, permet de détruire les cellules tumorales. Néanmoins, elle risque également de toucher les cellules saines. Si la tumeur se situe à proximité des organes sexuels, le traitement peut affecter les ovaires, les follicules et le sperme, et causer alors une infertilité. Pour en savoir plus à ce sujet, veuillez consulter le rapport  de l’Agence de la biomédecine sur les conséquences des traitements des cancers et la préservation de la fertilité.

Si le souhait d’avoir des enfants doit peser dans le choix des options thérapeutiques, certaines mesures de précaution peuvent également être prises avant le traitement. Aujourd’hui, nombre d’hommes et de femmes ayant vaincu le cancer restent en capacité de procréer. Il est toutefois impératif que le cycle menstruel et la fonction normale des organes reproducteurs soient rétablis. Le retentissement de la chimiothérapie et de la radiothérapie sur la fertilité des patients dépend de trois facteurs : le type de traitement délivré, l’âge du patient ou de la patiente et l’état de la réserve ovarienne (nombre de follicules) chez une femme ou le nombre total de spermatozoïdes chez un homme.

Concrétiser le rêve de fonder une famille

Une grossesse n’étant envisageable qu’après l’issue favorable du traitement, l’ablation des tissus ovariens est fréquemment pratiquée au préalable [7] par un gynécologue. Après l’intervention, réalisée par cœlioscopie, les tissus prélevés sont congelés en vue d’une réimplantation après le traitement du cancer. Cette méthode est particulièrement indiquée chez les jeunes femmes, qui disposent encore d’une importante réserve ovarienne. La fécondation in vitro (FIV) est une autre option offrant une assistance médicale à la procréation. Après stimulation hormonale, les ovaires deviennent hyperactifs et produisent des ovules, comme c’est le cas lors du processus naturel de maturation des follicules. La FIV est généralement pratiquée chez les femmes présentant une tumeur sans incidence sur l’équilibre hormonal. Les follicules matures sont ensuite prélevés et congelés jusqu’à la fin du traitement. Plus tard, ils pourront être fécondés en laboratoire et implantés dans l’utérus.

En cas d’hypertrophie des ovaires, les patientes peuvent avoir des nausées, souffrir de maux d’estomac ou présenter une augmentation de la circonférence abdominale. En outre, la probabilité d’une grossesse multiple est plus importante, car cette technique prévoit l’implantation de plusieurs embryons dans l’utérus. Il est également possible que le fœtus présente de légères anomalies, qui peuvent toutefois être liées à l’âge des patients, aux maladies héréditaires dont ils sont porteurs ou à l’évolution passée de leur cancer. Les chances de grossesse par FIV sont tributaires de différents facteurs. En premier lieu, l’âge de la mère s’avère être un paramètre essentiel. En second lieu, le nombre de tentatives et la cause de l’infertilité doivent être pris en compte.

Lorsque les conditions idéales sont réunies, une grossesse se déclenche après la première FIV dans 25 % à 35 % des cas. En raison du budget nécessaire et des contraintes physiques de l’intervention, le nombre de tentatives est toutefois limité.

Il existe d’autres techniques d’assistance médicale à la procréation, mais ces dernières ne sont pas toujours adaptées à la situation personnelle des patients ni aux souhaits du couple.Prenez rendez-vous avec votre médecin pour obtenir des réponses à vos questions et lui faire part de vos préoccupations. Vous pouvez également vous renseigner sur les différentes voies possibles pour fonder une famille [8].

Chez l’homme, la chimiothérapie est susceptible d’occasionner des troubles de l’érection, de l’éjaculation et de réduire le nombre de spermatozoïdes. Dans ce cas, le patient n’est pas certain de réussir à concevoir et les médicaments administrés pourraient exposer le fœtus à certains risques. Les jeunes hommes ont eux aussi la possibilité de congeler leur sperme avant de commencer leur traitement contre le cancer.

#Parent #CancerLe moment idéal pour fonder une famille varie donc au cas par cas, en fonction de l’évolution de la maladie, du risque de récidive et du pronostic, mais aussi en fonction de l’âge de la patiente. Il est primordial de réfléchir en priorité à votre état de santé physique et mentale avant de trancher en faveur d’une option thérapeutique. En effet, si vous vous sentez mal dans votre peau, vous risquez d’avoir plus de difficultés à tomber enceinte.

Trouver un soutien hors du milieu médical

Si vous ressentez le besoin de parler à quelqu’un en dehors de vos consultations médicales, n’hésitez pas à demander une aide extérieure. Une liste de ressources utiles est disponible sur le site Web de l’Institut National du Cancer (INCA).
Vous pouvez également consulter les différentes brochures d’information mises en ligne par la Ligue Contre le Cancer. Elles fournissent des renseignements utiles sur les traitements du cancer et leurs impacts sur la fertilité, ainsi que sur les différentes solutions disponibles pour préserver la fertilité.

Adoption et famille d’accueil

Si vous n’êtes plus en capacité de procréer à cause du cancer, mais que vous désirez fonder une famille, vous avez la possibilité d’adopter ou d’accueillir un enfant. Grâce à l’adoption, de nombreux enfants se voient offrir une nouvelle vie, certes loin de leurs parents biologiques, mais aux côtés d’une nouvelle famille.

Voici quelques éléments à prendre en compte si vous envisagez d’adopter ou d’accueillir un enfant :

  • – En vertu de la législation française, toute personne souhaitant adopter un enfant, quel que soit le pays d’origine de ce dernier, doit en avoir la capacité juridique et être âgée d’au moins 28 ans [9].
  • – En France, il existe deux formes d’adoption, simple ou pléinère, dont les effets diffèrent totalement. L’adoption simple crée un lien de filiation entre l’adoptant et l’adopté, sans rompre les liens avec sa famille d’origine, tandis que l’adoption plénière remplace la filiation d’origine.
  • – L’adoption requiert le consentement du représentant légal de l’enfant. Le consentement doit être libre, obtenu sans aucune contrepartie, après la naissance de l’enfant et éclairé sur les conséquences de l’adoption, en particulier, s’il est donné en vue d’une adoption plénière, sur le caractère complet et irrévocable de la rupture du lien de filiation préexistant [10].
  • – Contrairement à l’adoption, lors d’un placement en famille d’accueil, les parents conservent l’autorité parentale [11].
  • – La famille d’accueil, l’établissement ou le tiers bénévole à qui l’enfant a été confié accomplit tous les actes relatifs à sa surveillance et à son éducation. Les parents peuvent toutefois saisir le juge aux affaires familiales (Jaf) pour déléguer tout ou partie de l’exercice de leur autorité parentale.

Pour en savoir plus sur l’adoption, rendez-vous sur le site officiel d’information sur l’adoption d’un enfant, en France ou à l’étranger, mis en place par le gouvernement. Vous pouvez également vous renseigner auprès des services de protection de l’enfance et de l’Agence Française de l’Adoption [12].

Il vous appartient entièrement de fonder une famille. Sachez que votre situation n’est pas forcément un obstacle à ce rêve et que plusieurs options peuvent s’offrir à vous.

Avec tous nos vœux de bonheur.

[1]https://www.e-cancer.fr/Professionnels-de-sante/L-organisation-de-l-offre-de-soins/Oncogeriatrie/EpidemiologieDernière consultation le 2 avril 2019.

[2]https://www.e-cancer.fr/ressources/cancers_en_france/#page=1Dernière consultation le 2 avril 2019

[3]https://www.e-cancer.fr/content/download/96009/1022035/file/RAPSURVIE10.pdfDernière consultation le 2 avril 2019

[4]http://invs.santepubliquefrance.fr/Dossiers-thematiques/Maladies-chroniques-et-traumatismes/Cancers/Donnees-par-localisation/Cancer-de-la-prostateDernière consultation le 2 avril 2019

[5]http://www.cancer-environnement.fr/180-Cancer-du-testicule.ce.aspxDernière consultation le 2 avril 2019.

[6]https://www.agence-biomedecine.fr/IMG/pdf/rapport_fertilite_et_cancer_web_final.pdfDernière consultation le 2 avril 2019.

[7]https://www.inserm.fr/information-en-sante/dossiers-information/techniques-preservation-fertiliteDernière consultation le 2 avril 2019.

[8]https://www.inserm.fr/information-en-sante/dossiers-information/assistance-medicale-procreation-ampDernière consultation le 2 avril 2019.

[9]http://www.adoption.gouv.fr/Qui-peut-adopter.htmlDernière consultation le 2 avril 2019.

[10]https://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do?idArticle=LEGIARTI000006426371&cidTexte=LEGITEXT000006070721Dernière consultation le 2 avril 2019

[11]https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F959Dernière consultation le 2 avril 2019.

[12]http://www.agence-adoption.fr/Dernière consultation le 2 avril 2019.

 

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