Diagnostic de cancer : comprendre ses résultats d’examens #MoiPatient #SpécialCancer

Explication des diagnostics et des abréviations utilisées

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Comme pour de nombreux autres patients, le diagnostic de votre cancer a probablement représenté un choc important. Très souvent, il est difficile de savoir comment vivre avec la maladie, et de comprendre ses implications. Une analyse claire et précise du diagnostic et des résultats d’examen peut permettre de mieux appréhender sa maladie

Cet article a pour but de vous aider à répondre à des questions importantes concernant les résultats de vos examens

Un certain nombre d’examens diagnostiques permettent de poser un diagnostic, c’est-à-dire d’identifier la maladie.

  • – Les résultats de l’examen clinique représentent les conclusions issues de l’examen direct du patient (par exemple lors d’une auscultation).
  • – Grâce aux résultats d’analyses pratiquées en laboratoire, il est possible de déterminer si le patient, au travers d’un prélèvement sanguin ou d’urine, présente une élévation ou une baisse de certaines valeurs comparées à des valeurs moyennes. Certaines tumeurs s’accompagnent en effet d’une augmentation du taux de protéines ou d’hormones. Ces substances, qui peuvent indiquer la présence, le stade ou la malignité d’une tumeur, sont souvent appelées « marqueurs tumoraux ».

Lorsque les résultats sont « positifs », cela signifie qu’une anomalie a été décelée par les médecins lors de l’examen. Les résultats sont dits « négatifs » lorsqu’un examen n’a pas permis de détecter d’anomalies.

Un résultat repose sur les observations faites lors d’un examen, c’est-à-dire sur ce que les médecins ont « découvert ». Ici, il faut établir une distinction entre des résultats « positifs » et des résultats « négatifs » : lorsque les résultats sont « positifs », cela signifie qu’une anomalie a été décelée par les médecins lors de l’examen. Les résultats sont « négatifs » lorsqu’un examen n’a pas permis de détecter d’anomalies.

Les observations anatomopathologiques renvoient aux résultats issus de la recherche d’anomalies menée sur des prélèvements de tissu. Ce n’est qu’à ce moment-là que le diagnostic de cancer peut être confirmé. Grâce à certaines caractéristiques présentées par les tumeurs, il est possible d’établir des prévisions quant à l’évolution de la maladie. Le diagnostic à l’aide d’appareils fait référence aux examens effectués grâce à des machines, comme par exemple les procédés d’imagerie que sont la radiographie, la tomodensitométrie (scanner) ou l’imagerie par résonance magnétique (IRM), mais aussi la coloscopie et les examens cardiaques à l’aide d’un électrocardiographe (ECG).

Outre le diagnostic, le médecin procède à l’anamnèse (du mot latin signifiant « souvenir ») ou histoire de la maladie, qui retrace les antécédents médicaux et l’historique de la plainte actuelle du patient, avec les résultats des différentes explorations déjà faites et les traitements entrepris. Cela permet ainsi d’avoir une vue d’ensemble sur les traitements mis en place par le passé. En cas de cancer, cette anamnèse peut aussi donner des informations concernant la propagation de la maladie.

L’épicrise (du mot grec signifiant « appréciation ») constitue la dernière (et parfois la plus importante) étape du diagnostic. Elle offre une synthèse et une interprétation des traitements et des résultats. Les résultats pointant vers la maladie et ayant permis de poser le diagnostic permettent de déterminer un pronostic concernant l’évolution de la maladie et d’établir des recommandations concernant le traitement et les médicaments qui seront les plus adaptés.

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Codes de diagnostic et classification : les systèmes CIM et TNM

Afin d’être en mesure de réaliser une classification plus précise des cancers, les médecins ont recours au système CIM (Classification Internationale des Maladies, CIM-10)1. L’ensemble des lettres et des chiffres compris entre 0 et 99 sont utilisés dans le cadre de la description des maladies. Ainsi, C34 renverra au cancer du poumon, C50 au cancer du sein, etc. Des chiffres supplémentaires sont utilisés pour préciser la localisation d’une tumeur dans un organe donné : l’entrée C34.1 fait par exemple référence à une tumeur située dans le lobe supérieur du poumon.

Lorsqu’il est nécessaire de fournir des informations encore plus précises sur la propagation du cancer, on utilise généralement le système TNM2. Il s’agit dans ce cas d’un code composé de chiffres et de lettres décrivant la propagation des maladies cancéreuses dans l’organisme. Ce système se base sur l’évaluation suivante de la tumeur :

  • – T (tumeur) = taille de la tumeur et extension locale
  • – N (ganglion, ou « node » en anglais) = envahissement ou non des ganglions lymphatiques
  • – M (métastase) = développement ou non d’autres tumeurs dans l’organisme

Les chiffres placés après ces lettres ont la signification suivante :

  • – Après le T :
    • – T1-T4 = taille et extension de la tumeur (primitive),
    • – TX = la tumeur ne peut pas être évaluée,
    • – T0 = pas d’évidence de tumeur primitive (par exemple lorsque la tumeur primitive n’est pas détectée et que l’on observe uniquement la présence de métastases),
    • – Tis = carcinome in situ(locution latine signifiant « cancer sur le site d’origine »),
    • – T1 = tumeur < 2 cm jusqu’à T4 = tumeur de toute taille
  • – Après le N :
    • – N0-N3 = nombre et localisation des ganglions lymphatiques envahis dans la région de la tumeur,
    • – NX = les ganglions ne peuvent pas être évalués,
    • – N0 = pas de métastases ganglionnaires,
    • – N1 jusqu’à N3 = envahissement de ganglions lymphatiques toujours plus éloignés de la tumeur
  • – Après le M :
    • – M0 ou M1 = présence ou absence de métastases à distance.
    • – Le cas échéant, la localisation des métastases peut également être précisée. Les suffixes correspondants sont alors utilisés, comme par exemple :
      • – « PUL » pour le poumon,
      • – « OSS » pour les os,
      • – « HEP » pour le foie,
      • – « BRA » pour le cerveau, etc.

Prenons un exemple : T1 N0 M0 désigne une tumeur de petite taille sans envahissement ganglionnaire et sans métastase. Dans le cas de certaines tumeurs, les spécialistes ont recours à une classification encore plus détaillée. On ajoute alors des lettres minuscules allant de « a à d » aux chiffres T, ce qui permet de donner des informations plus précises sur la taille et l’extension locale de la tumeur primitive (T). En fonction du type de tumeur, les lettres sont associées à une définition différente.

Lettres utilisées de façon complémentaire

  • – R : tumeur résiduelle laissée dans l’organisme après une intervention (R0-R2)
  • – C : fiabilité (« certainty » en anglais) des résultats des examens (C1-C5)
  • – X : aucune évaluation possible (aucun examen n’a encore été réalisé ou les résultats ne sont pas concluants)
  • – r : « récidive » ou « rechute », ce qui signifie que le cancer est de retour
  • – y : d’après le terme anglais « multimodalitY », c’est-à-dire un traitement combiné (des traitements complémentaires, comme par exemple une radiothérapie, viennent s’ajouter au schéma thérapeutique mis en place)

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Lettres minuscules ajoutées après certaines valeurs

  • – m : indique si plusieurs tumeurs ont été retrouvées dans un seul et même organe. Le nombre de tumeurs est parfois précisé entre parenthèses, après la valeur T.
  • – cy (= cytologique) : afin d’établir si une tumeur s’est éventuellement propagée dans l’organisme, il est possible de réaliser un lavage de la cavité abdominale ou du thorax avant ou pendant une intervention. Si des cellules cancéreuses sont retrouvées dans le liquide de lavage, on peut alors dire que la tumeur s’est propagée dans l’organisme.

Afin d’indiquer l’ampleur de la progression de la maladie, on a recours à ce que l’on appelle une « classification par stades » (« staging » en anglais).  Cette classification joue un rôle important dans le cadre de la planification du traitement, car elle donne des informations concernant l’évolution potentielle de la maladie. L’Union internationale contre le cancer a établi quatre stades applicables à la plupart des maladies tumorales de stade I (tumeur unique et de petite taille) à stade IV (extension plus large dans l’organisme sous forme de métastases)3. Il existe d’autres sous-catégories pour certains types de cancer, caractérisées par l’utilisation d’une lettre minuscule supplémentaire (par exemple IIa ou IVb).

La classification par grades (« grading » en anglais) a lieu sur une échelle de trois à cinq niveaux (G0-G4), et reflète l’importance de la différence observée entre un tissu tumoral et un tissu sain, c’est-à-dire le degré de malignité d’une tumeur. Moins la différence entre le tissu tumoral et le tissu sain d’origine est grande, et plus le pronostic est favorable.

Ces niveaux ne sont toutefois pas pertinents dans le cas de certaines tumeurs : en effet, le pronostic ne dépend pas seulement de la taille de la tumeur ou de sa propagation, d’autres facteurs peuvent également entrer en jeu. Ainsi, des systèmes de classification différents sont notamment utilisés dans les cas de leucémie, de cancer de la peau, de tumeurs cérébrales ou gynécologiques.

Notez que les informations reprises dans cet article constituent un aperçu des termes les plus fréquemment utilisés. Elles n’ont pas la prétention d’être exhaustives. N’hésitez-pas à consulter votre médecin si vous souhaitez obtenir des renseignements complémentaires.

Sources :

  1. WHO (World Health Organization) – Classification of Diseases, disponible sur : https://www.who.int/classifications/icd/icdonlineversions/en/
  2. Classification TNM, disponible sur : https://www.e-cancer.fr/Dictionnaire/C/classification-TNM
  3. INCA (Institut National du Cancer) – Étapes et stades du cancer, disponible sur : https://www.e-cancer.fr/Comprendre-prevenir-depister/Qu-est-ce-qu-un-cancer/Etapes-et-stades-du-cancer

 

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